Frania Haverland témoigne à l’espace Ventadour

Publiée le 11 mars 2019

Le jeudi 7 mars 2019, à l’Espace Ventadour d’Egletons, les élèves de Terminales Bac Pro Maintenance des Matériels agricoles, Construction & Manutention, et Espaces verts, et les étudiants de BTS 1ère année ont rencontré Frania Haverland, déportée juive polonaise.
Après une introduction de M. Perret, principal adjoint du collège Albert Thomas à Egletons et de M. Kompa de l’ONACVG, Monsieur Charles Ferré, Maire d’Egletons, a remis la médaille de la ville d’Egletons à Frania Haverland, qui fêtait ce même jour son 93ème anniversaire.
Monsieur Rivet de la FNDIRP, dont Frania Hevrland est co-présidente, a introduit le témoignage de cette ancienne déportée en retraçant son parcours de sa naissance à 1938.
Frania Haverland a ensuite pris la parole pour témoigner de son terrible parcours.
En effet, Frania est née en 1926 en Pologne dans une famille juive polonaise musicienne. Elle a 13 ans quand elle prend conscience de la montée de l’antisémitisme. Tout bascule en 1939, lorsque les troupes allemandes investissent sa ville natale. À partir de là, Frania et les siens ne cessèrent d’être persécutés. Sa vie devint dès lors une lutte de tous les instants jusqu’à la fin de la guerre. Cachée par sa mère avant d’être déportée dans de nombreux camps de travail et d’extermination (dont Dachau, Auschwitz Birkenau), elles nous raconte, avec une émotion toujours très vive, l’enfer qu’elle a vécu sous le joug nazi. Elle a ainsi, deux heures durant, raconté son vécu ponctué d’anecdotes glaçantes qui parfois tiennent du miracle.
« C’est arrivé, ça peut arriver de nouveau« . C’est avec cette citation de Primo Lévi que Frania a expliqué pourquoi, le jour de ses 93 ans, elle ne cesse encore et toujours de témoigner. Inquiète de l’actualité, Frania ne peut qu’aujourd’hui faire des parallèles entre ce qu’elle a vécu et les faits divers de ces derniers mois tels que les croix gammées sur le « si beau visage » de Simone Veil ou encore la situation préoccupante des migrants, preuves de la montée des extrêmes et de l’importance du devoir de mémoire.
Pour répondre à la question des jeunes présents « Comment éviter aujourd’hui que cela ne recommence ? », Frania leur a répondu qu’il n’y a « qu’une seule race, la race humaine ».
Pour conclure, elle a expliqué que c’était aux nouvelles générations de faire en sorte que la vie soit belle grâce à la solidarité et aux mélanges des couleurs ; mais en se faisant aussi  « passeur de mémoire ».
Son témoignage a touché les élèves qui l’ont chaleureusement applaudi à l’issue de la rencontre.

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Cette information a aussi paru dans le journal La Montagne du 18 mars 2019.